Les prothèses du futur

Un pianiste amputé de la main qui peut jouer à nouveau ?

Un aveugle de naissance qui découvre la vue grâce à une rétine artificielle ? En 2019, ces exemples ne sont presque plus de la science-fiction. Si le principe de la prothèse est connu depuis la Préhistoire, les progrès techniques des dernières années commencent à révolutionner l’univers de la santé. Elles sortent du domaine de la mécanique pour entrer dans celui de la robotique et de l’électronique directement connectée au système nerveux. Que nous réservent les prothèses du futur ?

 

Les dernières avancées technologiques

 

Un pas est franchi en 2013, quand un Danois d’une trentaine d’années est équipé d’une prothèse de bras et de main dotée de capteurs tactiles au bout des doigts. A peine deux semaines après l’opération, les résultats étaient bluffants. Les tendons métalliques implantés dans la prothèse réagissaient immédiatement aux stimuli envoyés par les capteurs. Le système électronique implanté dans la prothèse transforme ensuite ces informations en impulsions électriques semblables aux impulsions nerveuses, grâce à des électrodes directement greffées aux nerfs fonctionnels du patient.

 

Il est aujourd’hui possible pour un amputé de bouger sa main grâce à la pensée (LifeHand 2 de l’EPFL), de sentir si un objet est doux, lourd, rond ou carré, de transporter un œuf sans le casser, voire même, grâce au dernier prototype de main BeBionic 3 de RSLSteeper, de serrer la main d’un enfant.

 

Ces prothèses futuristes sont encore très peu

Commercialisées du fait de leur coût de production prohibitif (plus de 40 000 euros pour une main BeBionic 3), mais l’idée de relier les prothèses directement au système nerveux, grâce à la miniaturisation des électrodes et des interfaces myoélectriques, progresse rapidement.

 

Un futur être humain bionique ?

 

Souvenez de la controverse des JO de Londres, où Oscar Pistorius a remporté une médaille en courant avec des athlètes valides. Est-ce que demain, grâce aux prothèses électroniques, certains êtres humains « améliorés » deviendront des surhommes ? Imaginez une greffe de rétine permettant d’envoyer par email une photo du paysage que vous êtes en train de regarder ! Peut-on encore parler de santé, à ce stade ?

 

Rêve pour certains, cauchemars pour d’autres. Pour l’instant, les résultats de laboratoire sont encore au stade expérimental, puisqu’il faut un ordinateur externe pour faire fonctionner la LifeHand 2, par exemple. La délicatesse du sens humain du toucher reste encore très difficile à reproduire par la robotique.

 

Rendez-vous dans dix ans ?