bras bionique

En France, une première patiente reçoit une prothèse bionique

C’est une révolution dans le domaine de la santé. Une patiente française vient de recevoir une prothèse de bras bionique, capable d’être contrôlée par la pensée. Une première dans l’hexagone.

L’histoire d’une guerrière bionique

Son nom est sur toutes les lèvres des prothésistes et des professionnels de la santé. Opérée le mercredi 21 novembre 2018 à Nantes, Priscille Déborah est la première patiente française à recevoir une prothèse bionique. Artiste-peintre et mère de deux enfants, cette guerrière des temps modernes a été amputée suite à un accident survenu douze ans plus tôt. Le drame la prive de ses deux jambes et du bras droit, mais pas de sa combativité. Équipée d’un appareil captant l’activité électrique de ses muscles, la jeune femme entame alors un long parcours pour réapprendre à réaliser les activités du quotidien. Son appareillage lui permet de continuer à exercer sa passion, la peinture. Mais ses mouvements sont extrêmement limités et seulement restreints à l’ouverture et à la fermeture de la main. Pendant cinq ans, accompagnée et soutenue par son prothésiste, Priscille Déborah a postulé pour bénéficier de cette opération et profiter d’une technologie innovante qui améliorerait considérablement son quotidien. Sa candidature a finalement été retenue.

Une technologie de pointe pour améliorer le quotidien des patients

Malgré une évolution remarquable ces dernières années, ayant permis aux équipements de gagner en légèreté et en maniabilité, les prothèses actuelles souffrent toujours d’un retard de coordination et d’un manque précision. La technologie bionique permet une avancée supplémentaire grâce au contrôle de l’appareil par la pensée, réduisant considérablement le temps de latence. L’opération subie par Priscille Déborah repose sur la technique de réinnervation musculaire ciblée ou TMR (Targeted Muscle Reinnervation, en anglais) consistant à reconnecter les nerfs du membre manquant vers un groupe de muscles alternatifs. Particulièrement lourd et compliqué à réaliser, cet acte chirurgical n’a été réalisé pour le moment que sur 200 patients dans le monde. La nouvelle prothèse de Priscille Déborah possède six capteurs (contre deux pour l’ancienne) répartis sur le moignon, les pectoraux et le dos. Après son opération, Priscille Déborah va suivre un long processus de rééducation lui permettant d’apprendre à se servir pleinement de son nouveau bras.